Apprendre à parler au philosophe et au chimpanzé
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Apprendre à parler au philosophe et au chimpanzé !

Nous sommes tous des êtres ambivalents capables de prendre des décisions aussi bien stupides qu’intelligentes. On peut avoir aussi bien recours à notre instinct que faire preuve d’une intense réflexion dans les situations du quotidien. Bien que nous soyons des individus modernes et civilisés, nous avons tous en nous une part de philosophe et de chimpanzé à la fois. Il est nécessaire d’accepter cette ambivalence de l’être qui nous fait passer au quotidien, d’un être très réfléchi à un être irrationnel. Pour ce faire, il va falloir entamer un dialogue avec ces êtres qui constituent sa propre entité en tant qu’être. En effet, il faut apprendre à parler au philosophe et apprendre à parler au chimpanzé qui est en soi.

Nous sommes des sujets de paradoxe

Nous sommes tous capable de construire une réflexion intense sur ce que nous sommes et les actes que nous avons réalisés. Dans le même temps il nous arrive de prendre des décisions complètement insensées qui après coup semble nous être l’œuvre d’une autre personne que nous. Pourtant, on a bien réalisé l’action et cela entraîne souvent une exaspération après coup.

Nous agissons instinctivement face à une situation, pensant que cela est le plus approprié, mais on se rend compte après réflexion que ce choix était complètement stupide. Cela marque vraiment notre particularité en tant qu’être humain. Ils nous arrivent de penser avant d’agir, mais nous agissons le plus souvent avant de réfléchir. Cela est compréhensible, car nous sommes des êtres instinctifs et agissons généralement par intuition. Or, l’intuition qui est une bonne chose dans certaines situations, peut être très problématique pour prendre des décisions qui méritent une certaine réflexion dans d’autres cas.

L’être instinctif : Le chimpanzé qui est en soi

L’instinct est naturel chez chacun(e) d’entre nous. Il s’agit là d’un reliquat de notre passé sauvage en tant qu’être humain moins civilisé. En effet, si l’on remonte il y a quelques milliers d’années, l’environnement était beaucoup plus dangereux, nous avions beaucoup de prédateurs. Pour survivre, il ne fallait pas réfléchir trop longtemps et donc agir assez rapidement. Cette aptitude qui permet d’assurer notre survie en milieu hostile a été conservé jusqu’à aujourd’hui. Il vient répondre au même besoin, celui de se mettre en sécurité face à ce qui est ressenti comme un danger. Cette partie instinctive sommeil en chacun(e) de nous, c’est le lien le plus évident avec nos origines animales.

Le chimpanzé, présent en chacun(e) de nous, est celui qui prend une décision rapide. Si l’action doit être rapide, malheureusement cela se fait au détriment de la réflexion. Il faut agir vite donc il faut penser moins.

Aussi, le chimpanzé est très dépendant des affects et des émotions. Pour lui, éprouver de la peur fait prendre une décision assez rapide, car la peur est synonyme de danger. Donc la réponse face à la peur doit être rapide. Ainsi, tous les choix qui sont pris dans la vie, et qui découlent d’un affect lié à une menace, sont pris par notre part chimpanzé qui veut assurer notre sécurité.

Attention au chimpanzé

Que nous le voulions ou non, nous avons toujours des choix à faire au quotidien et nous prenons souvent des décisions de manières instinctives. Il est impossible de se départir de son propre instinct, car à trop chasser le naturel, il revient vite au galop. Avoir recours à l’instinct, dans le monde d’aujourd’hui est un moyen d’économiser l’énergie que requiert une trop grande réflexion. En revanche, toujours y avoir recours peut très vite limiter l’être dans son champ des possibles. En s’appuyant que sur son instinct et son intuition, on s’empêche de réfléchir. On se renferme dans des stéréotypes et des préjugés.

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L’être réfléchi : Le philosophe qui est en soi

Le chimpanzé n’est pas le seul maître dans la demeure de l’être. En effet, à ses côtés se trouve le philosophe. Ce dernier est le garant de notre réflexion. Le philosophe est celui qui réfléchit, qui analyse et qui juge. Généralement, chez chacun(e) d’entre nous, il est celui qui vient toujours faire le constat des choix qui ont été pris par le chimpanzé. Après avoir analysé les choix pris instinctivement, le philosophe va parler de ces choix. Par exemple, c’est notre part de philosophe qui remet nos choix en perspective et fait une analyse des actions et des décisions prises sous le coup de l’instinct. Bien souvent, il le fait avec remontrance envers le chimpanzé qui est le dépositaire de cet instinct.

Le philosophe qui est cette partie de chacun(e) d’entre nous et qui est digne d’une grande réflexion est très exigeant envers l’être. En effet, il ne se prive pas d’invectiver l’être comme s’il lui en voulait d’avoir laissé le chimpanzé agir sans retenue ni réflexion en amont. Il faut savoir que le philosophe a toujours été présent en chacun(e), et est avant tout le fruit de l’évolution. C’est notre qualité d’être humain moderne et civilisé qui a permis au philosophe d’être plus présent au sein de chacun(e) d’entre nous. Le philosophe est crucial dans l’établissement de l’être et son rôle est important, mais cela requiert beaucoup d’énergie pour qu’il s’exprime. Dans un monde qui va toujours plus vite et où il faut prendre des décisions relativement vite, il est souvent délaissé à l’après coup voire censuré.

Il n’y a pas que le philosophe dans la vie

Le philosophe est rempli de qualité pour l’être, mais il ne vaut pas forcément mieux que le chimpanzé. Le philosophe a cette fâcheuse tendance à constamment invectiver le chimpanzé et nous-même. Cela a une forte action limitante sur l’être. En effet, bien qu’il soit utile pour permettre de prendre de bonne décision, c’est lui qui fait générer le sentiment de culpabilité que l’on peut éprouver. Si on accorde trop de crédit au philosophe et qu’on le soutient dans ses invectives à l’encontre du chimpanzé, alors on réduit le pouvoir d’une partie de son être.

Apprendre à parler au philosophe qui est en soi

Pour « être » pleinement, il faut apprendre à parler avec soi et commencer à entamer le dialogue avec chacune de ses parties. En premier lieu, il faut apprendre à parler à son philosophe. Pourquoi ? Être réfléchi est une bonne chose, mais trop réfléchir peut s’avérer mauvais pour la confiance en soi. Il faut savoir accepter les erreurs que son propre instinct a su occasionner. Pour cela, il faut apprendre à calmer les ardeurs du philosophe à l’égard du chimpanzé.

Le philosophe aura toujours tendance à discréditer le chimpanzé, en lui renvoyant toujours les mauvaises décisions. Il faut réussir à convaincre le philosophe que les décisions prises par le chimpanzé avaient une raison. Aussi, il faut savoir lui dire que le chimpanzé qu’il invective a autant sa place que lui, dans votre demeure. Ainsi, au lieu de rabaisser le chimpanzé, il faut que le philosophe vous donne les moyens, par la réflexion, pour que le chimpanzé puisse mieux agir la prochaine fois. Il faut arriver à faire entendre à votre philosophe qu’il aide votre chimpanzé, car sans ce dernier il ne serait pas philosophe.

Apprendre à parler au chimpanzé qui est en soi

Il faut parler avec le philosophe qui est en soi, mais aussi et surtout avec le chimpanzé qui est en soi. Bien que le chimpanzé représente notre part instinctive, il n’en est pas moins capable de dialoguer et de faire preuve de réflexion. Cependant, cela peut s’avérer plus compliquer qu’avec le philosophe, car celui-ci n’a pas le même langage. Il faut parler au chimpanzé comme on parlerait à un enfant. En effet, tout comme un enfant, il faut lui expliquer simplement les erreurs qui ont été commises, sans pour autant le juger coupable comme le ferait le philosophe.

Le chimpanzé n’est pas totalement indigne de confiance contrairement à ce que l’on pourrait croire. Il peut agir sous le coup de l’émotion, ou de manière totalement irréfléchi en faisant appel à l’intuition, mais il est le plus proche de ce que l’on est vraiment. Il ne faut pas le museler comme le ferait certain(e)s au point de se sentir déposséder d’une partie de soi-même. Le chimpanzé est capable de comprendre à condition de savoir dialoguer avec lui. Le chimpanzé peut faire preuve de réflexion si vous arrivez à convaincre le philosophe de travailler avec lui.

Entamer le dialogue dès maintenant

En fin de compte, dans chacun(e) de nous il y a « soi », le « chimpanzé » et le « philosophe ». Ces derniers sont les garants de l’action et de la réflexion que nous avons et que nous entreprenons. Voyez-les comme des colocataires qui seraient constamment en train de se disputer au sein même de votre demeure. Au fil du temps, vous vous sentirez déposséder de cette demeure qui est la vôtre. Alors, il faut apaiser la situation, entamer la discussion et leur rappeler que vous êtes l’hôte et que ce sont vos règles qui prévalent !

Il faut les accepter chacun pour ce qu’ils sont et n’en rejeter aucun, car ils sont au plus près de ce que vous êtes réellement. Pour « être » en toutes circonstances, il faut entamer un dialogue avec eux et leur permettre de dialoguer entre eux. Ne faites pas de votre chimpanzé le philosophe et de votre philosophe le chimpanzé, car vous risquerez de vous perdre un peu plus.

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